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BIAF : définition, contexte historique et obligations actuelles des employeurs en formation

L'équipe Edusign · 10 mars 2026 · 5 min
En bref : Le BIAF (Bordereau Individuel d'Accès à la Formation) était un document que les employeurs devaient remettre à leurs salariés en CDD pour les informer de leurs droits en formation. Abrogé en 2019, il a été remplacé par de nouvelles obligations d'information liées au CPF de transition. Pour les services RH et les responsables paie qui gèrent des archives ou des contrôles, comprendre l'historique du BIAF évite toute confusion sur les obligations actuelles.

BIAF : définition

Le Bordereau Individuel d'Accès à la Formation (BIAF) était un document légal que les employeurs français étaient tenus de remettre à leurs salariés embauchés en contrat à durée déterminée (CDD). Son objectif était d'informer ces salariés de leurs droits en matière de formation professionnelle continue, notamment leur droit d'accéder à des formations certifiantes, à des bilans de compétences ou à des dispositifs de validation des acquis de l'expérience (VAE).

Instauré dans les années 1990 dans le cadre du renforcement des droits à la formation des salariés précaires, le BIAF répondait à un constat simple : les salariés en CDD, souvent moins bien informés que les CDI, ne mobilisaient pas les dispositifs de formation auxquels ils avaient droit. Le document devait pallier ce déficit d'information.

Pour les services RH et les responsables formation des entreprises utilisatrices de CDD, la remise du BIAF était une obligation légale à respecter systématiquement, sous peine de sanctions en cas de contrôle.

Contexte historique : 1991-2015

Le BIAF a été instauré par la loi du 31 décembre 1991, dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle. Son histoire se découpe en trois phases :

  • 1991-2004 : mise en place progressive. Le BIAF accompagne le Congé Individuel de Formation (CIF-CDD), dispositif permettant aux salariés en CDD de financer une formation à l'issue de leur contrat. L'employeur verse une contribution à l'OPCO (anciennement OPCA) pour alimenter ce droit.
  • 2004-2014 : maintien dans un paysage en mutation. La réforme de 2004 renforce les droits à la formation. Le DIF (Droit Individuel à la Formation) coexiste avec le CIF-CDD. Le BIAF reste obligatoire mais son contenu doit mentionner ces nouveaux droits.
  • 2015 : première réduction du champ. La loi du 5 mars 2014 crée le Compte Personnel de Formation (CPF) et amorce la suppression progressive du DIF. Le BIAF perd une partie de sa pertinence mais reste formellement obligatoire.

Pour les responsables paie et les gestionnaires RH de l'époque, le BIAF représentait une obligation administrative récurrente, à chaque fin de CDD, génératrice d'une charge documentaire non négligeable.

Pourquoi le BIAF a été supprimé

La loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018 a profondément transformé le paysage de la formation professionnelle. Elle a notamment supprimé le CIF-CDD au 31 décembre 2018 et l'a remplacé par le CPF de transition professionnelle (CPF-CDD). Cette réforme a rendu le BIAF largement obsolète dans sa forme initiale.

Le gouvernement a officiellement abrogé le BIAF par un décret publié au Journal Officiel le 27 décembre 2019. Plusieurs raisons ont justifié cette suppression :

  • La dématérialisation des droits à la formation. Avec MonCompteFormation.gouv.fr, chaque salarié peut consulter ses droits CPF directement, sans avoir besoin d'un document papier de l'employeur.
  • La simplification administrative pour les employeurs. La suppression du BIAF réduit la charge documentaire liée à la gestion des CDD, en cohérence avec les politiques de simplification du droit du travail.
  • L'évolution du financement. La contribution liée au CIF-CDD a été intégrée dans la contribution formation professionnelle globale, supprimant la spécificité du financement qui justifiait le document.

Ce qui remplace le BIAF aujourd'hui

La suppression du BIAF ne signifie pas la suppression de toutes les obligations d'information des employeurs en matière de formation. Les obligations actuelles sont différentes mais tout aussi structurantes :

  • Information sur le CPF. L'employeur doit informer ses salariés, y compris les CDD, de l'existence et des modalités du Compte Personnel de Formation. Cette information peut être donnée via le contrat de travail ou tout autre document.
  • Entretien professionnel. Tout salarié doit bénéficier d'un entretien professionnel tous les 2 ans. Pour les CDD de plus de 3 mois, cet entretien est dû. Il porte sur les perspectives d'évolution professionnelle, notamment en termes de qualifications et d'emploi.
  • Accès au plan de développement des compétences. Les salariés en CDD ont accès au plan de développement des compétences de l'entreprise, dans les mêmes conditions que les CDI, proportionnellement à leur durée de présence.

Pour les services RH et les organismes de formation qui accompagnent des entreprises dans leur politique de formation, la numérisation des preuves et attestations est désormais le socle de la conformité.

Obligations actuelles des employeurs en formation

Au-delà de l'information spécifique aux CDD, les obligations des employeurs en matière de formation se sont renforcées ces dernières années. Les points de vigilance pour les services RH et les responsables formation :

  • Traçabilité des actions de formation. Chaque action de formation doit être documentée : programme, durée, formateur, présences, résultats. Ces preuves peuvent être demandées lors d'un contrôle financeur ou d'un audit interne.
  • Feuilles d'émargement conformes. Pour les formations financées (OPCO, CPF), la feuille d'émargement est une pièce justificative essentielle. Sa dématérialisation via une solution comme l'émargement digital Edusign garantit sa valeur légale.
  • Attestations de formation. À l'issue de toute action de formation, l'employeur ou l'organisme doit remettre une attestation de présence ou de réussite. La signature électronique permet de sécuriser ces documents.

Edusign et les documents administratifs de formation

Si le BIAF appartient à l'histoire, la gestion des preuves et des documents de formation reste une préoccupation centrale pour les services RH, les responsables paie et les organismes de formation. Edusign digitalise et sécurise l'ensemble de la chaîne documentaire :

  • Émargement digital pour chaque session de formation, avec horodatage, valeur légale et archivage sécurisé, utilisable comme preuve en cas de contrôle financeur ou d'audit Qualiopi.
  • Signature électronique pour les conventions de formation, attestations de présence et de réussite, certificats de fin de parcours, et tous les documents administratifs liés aux obligations employeur.
  • Questionnaires en ligne pour collecter les évaluations à chaud et à froid, exigées par les critères Qualiopi et les financeurs pour justifier la qualité des actions financées.

Pour les responsables formation et les DRH, c'est la garantie que la conformité documentaire ne repose plus sur du papier ou des tableurs. Chaque action de formation laisse une trace numérique, immédiatement exploitable en cas de contrôle.

Questions fréquentes sur le BIAF

Non. Le BIAF (Bordereau Individuel d'Accès à la Formation) a été officiellement abrogé par un décret publié au Journal Officiel le 27 décembre 2019. Depuis cette date, les employeurs n'ont plus l'obligation de remettre ce document à leurs salariés en CDD. Les nouvelles obligations d'information sur la formation passent par d'autres canaux : information sur le CPF, entretien professionnel, accès au plan de développement des compétences.

La loi « Avenir professionnel » de 2018 a transformé le paysage de la formation : elle a supprimé le CIF-CDD (Congé Individuel de Formation pour les CDD), qui était le dispositif principal auquel le BIAF donnait accès. Avec la montée en puissance du CPF et de la plateforme MonCompteFormation, les salariés peuvent consulter et mobiliser leurs droits directement, sans document papier de l'employeur. La suppression du BIAF s'inscrit dans une logique de simplification administrative et de dématérialisation des droits à la formation.

Il n'existe pas de document unique qui remplace le BIAF. Les obligations d'information des employeurs se répartissent désormais entre : l'information sur le Compte Personnel de Formation (que le salarié peut consulter directement sur MonCompteFormation), l'entretien professionnel biennal (obligatoire pour les CDD de plus de 3 mois), et l'accès au plan de développement des compétences de l'entreprise. La logique est celle de droits portables par l'individu, consultables en ligne, plutôt qu'un document remis par l'employeur.

Oui, dans les limites des durées légales de conservation. Les documents relatifs à l'exécution du contrat de travail, dont le BIAF, doivent être conservés pendant la durée du contrat plus 5 ans, en application des règles générales de conservation des pièces RH. En cas de contrôle URSSAF ou de litige prud'homal portant sur une période antérieure à 2019, les anciens BIAF peuvent constituer des pièces utiles. La dématérialisation de ces archives reste conseillée pour faciliter les recherches.

Depuis la suppression du BIAF, les obligations d'information de l'employeur portent sur quatre points principaux : informer les salariés de l'existence du CPF et de leurs droits ; conduire un entretien professionnel tous les 2 ans (et tous les 6 ans un bilan récapitulatif) ; donner accès au plan de développement des compétences ; et, pour toute formation financée, produire les preuves de réalisation (feuilles d'émargement, attestations). Les services RH s'appuient de plus en plus sur des outils digitaux pour automatiser ces obligations documentaires.

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